vendredi 5 août 2016

Un saisissant salé-sucré

Une fois n’est pas coutume, nous nous levons tôt (6h30) en nous motivant à l'idée que demain il n’y aura pas de réveil à Sucre. 

Petit dej et Alvaro arrive pour nous cueillir, direction aéroport. Le dédale de rues et de ruelles qui rivalisent en terme de pente et d’encombrement nous impressionne. Alvaro nous demande s’il peut prendre un itinéraire alternatif à la voie principale transformée en parking à 7h30. Il semble qu’il ait besoin de notre assentiment, obtenu sans lutte. Nous remontons les plus de 500 mètres de dénivelé entre l’hôtel et la sortie de la cuvette de La Paw en moins d’une demi-heure, Alvaro est un champion. Les rues sont si pentues que certaines se montent en première même une fois lancé.


Une journée de labeur à La Paz commence apparemment par une course-combat pour trouver sa place dans le trafic. Alvaro nous en extrait avec succès et nous dépose à l’aéroport de La Paz (qui est en fait sur le plateau de El Alto). La ville de La Paz n’a pas de vols internationaux qui la connectent directement vers l’extérieur. On imagine un coup d’Ego Morales avant de comprendre que c’est juste la longueur de piste qui empêche les plus gros avions de s’y poser. 


Nous embarquons pour un vol Amazonas de 700 km. L’aéroport est une bulle de propreté et de quiétude comparé au dédale que nous avons emprunté pour y arriver. 

Les photos au décollage nous le prouvent. Nous découvrons par le hublot que El Alto répond à un plan d’urbanisme que nous imaginions simplement anarchique.

Quelques minutes après avoir quitté le plancher des lamas, des vues spectaculaires des montagnes boliviennes et de leurs glaciers nous saisissent sur place.














Pas le temps de dire ouf que nous nous posons à Sucre.


5 minutes plus tard nous sommes dans nos voitures de transfert vers le centre ville. Sucre est aussi paisible,aérée et accessible que La Paz est sous tension, étouffante et labyrinthique. Altitude, climat tout est différent. Les gens ne sont pas les mêmes. Ici pas de chapeau melon pour les dames qui affichent et assument leur modernité. Seuls les épais faisceaux de câbles électriques tirés à la hâte entre pylônes et bâtiments nous confirment que nous n'avons pas changé de pays en si peu de temps.


Nous prenons nos quartiers au Plazza (c’est smart de l’écrire comme ça non ?), un hôtel de style colonial (toutes les chambres donnent sur un patio et n’ont pas de fenêtre sur rue). De style légèrement suranné, l’hôtel est à nous pour 2 jours. Nous avions imaginé qu’il serait sympa de se poser au calme 2 jours consécutifs, bonne pioche.

Nous visons la visite du couvent Saint Felipe qui nous amène à traverser un marché très coloré où nous trouvons des fruits et des jus de fruits excellents préparés par des dames perchées sans raison apparente sur des tréteaux particulièrement hauts.





Saint Felipe est une petite merveille d’architecture dont les toits donnent à voir la ville patrimoine mondial de l’humanité tout à fait autrement. Pas mal d'influence jésuite en Bolivie. Cet endroit en est une belle preuve que des photos choisies du Pape François au rez de chaussée rehaussent en clin d'oeil. Les liens entre François et la Bolivie sont importants, et les missions jésuites dans l'est du pays constituent à elles seules un circuit de visites passionnant (next time).



La fête nationale pousse tous les habitants dans les rues pour défiler ou regarder le défilé. 2 jours de fanfares, de costumes, de majorettes, de drapeaux.





Nous terminerons au restau de l’Alliance Française, avec, notamment, une pièce de boeuf argentin, un merlot et un peu de musique française en fond sonore, ce qui nous change de la flute de pan d’El Condor Passa. Léo ne tient pas bien en place, le démarrage des JO est passé par là qui affiche sur tous les écrans du pays des épreuves et des pays improbables.

Une intense journée de contrastes sucrés-salés.

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