Big day today… 20 ans de mariage. Rien ne nous prédisposait à passer cet auguste anniversaire sur le lac Titicaca, mais nous l’admettons avec grande satisfaction, cette journée aura été la plus puissante depuis notre départ, ne serait-ce que par la force et la beauté des paysages.

Nous partons pour l’ile du soleil. Andres notre guide nous retrouve à l’hôtel Estrella à Copacabana. Nous sommes fins prêts, sauf qu’à la manière d’un jeu télé débile, Andres nous signale que nous ne pouvons pas prendre nos bagages et qu’un ou deux petits sacs seulement seront tolérés dans le bateau qui part de suite... En moins de 4 minutes nous ouvrons les valises pour en extraire un kit 24h00 qui tiendra dans le sac de Léo. A ce tarif, Christine et moi constaterons le soir venu l’absence de nos brosses à dent, de la crême après-soleil, tandis que Léo aura tous les jeux de cartes, mais pas tous les sous-vêtements…


Andres nous indique le bateau (attente réglementaire/bolivienne de 15 minutes) et nous y embarquons en compagnie d’une 20aine de personnes. Plus de place sur le toit, nous passons en cabine : excellent choix du destin, la traversée dure 1h30 et le vent au milieu du lac est encore bien frio.


Nous débarquons au nord de l’ile. Le jeu consiste à la traverser du nord au sud pour reprendre un bateau dans 24h00 mais au sud. Entre temps, les paysages les plus somptueux de Bolivie, de la cordillère et du lac Titicaca nous auront marqués, fort.
L’ile a été sacrée pour les Incas, nous prenons d’ailleurs le chemin de l’Inca qui passe à nouveau les 4000m. Etrange impression car le lac est si grand (plus de 150 km dans sa longueur) qu’on se croirait au bord de la mer ; la perception de l’altitude ne s’opère que par le souffle qui manque parfois dans les montées des sentiers ou lorsqu’on l’a coupé par la splendeur des paysages. Cette ile est un paradis diurne (les nuits sont sévèrement froides tandis que les jours ne sont que soleil et chaleur).
De nombreux touristes randonneurs et back packers sont là. Nombreux, tout est relatif. Au bout de 20 minutes, une fois l’effet du départ du débarcadère disparu, nous sommes souvent seuls sur les sentiers, entrecoupés de guérites improbables mais bien achalandées où nous trouvons de l’eau, du coca, des fruits…

Quelques contrôles de nos tickets de randonnée plus loin nous arrivons sur un point haut qui nous donne à voir au loin la cordillère des Andes à plus de 6000m.


Le bleu du lac, celui du ciel et la neige des sommets font qu’il sera difficile de choisir les meilleures photos ce soir. Pas de discussion entre nous, cette journée est la plus intense que nous avons eue à vivre depuis notre arrivée à Lima voici presque 2 semaines.
Andres est guide de montagne, de lac, archéologue en formation et diplômé en tourisme. Il a appris le français à l’Alliance Française, décidément une institution du soft power français. Son grand-père étant portugais et la loi bolivienne permettant la double nationalité sur 5 générations, il a aussi un passeport européen. La rando avec lui est souple (il ne s’impatiente pas de notre rythme en deçà du sien) et érudite (grave).Nous visitons des vestiges incas et pré-incas. Les terrasses ici ont plus de 1000 ans, et seuls 15% y sont encore exploitées.

Au terme d’un petit trek de 11km à plus de 4000m d’altitude nous arrivons à l’hôtel, rassemblement de bungalows recouverts de chaumes sur un spot de malade, qui domine le lac et propose un couvert très gouteux autour d’une cheminée réconfortante. Christine et moi nous offrons une bouteille de vin chilien pour réchauffer nos coeurs tandis que le préposé au feu s’occupe de nos corps. Une ambiance après-ski règne dans le lodge, avec des italiens autour de nous, une vue géniale et un ciel étoilé made in hémisphère sud, voie lactée fascinante, on l’écrémerait à la main. Andres nous gratifie d’un petit cours d’astronomie que la froideur de la nuit écourte carrément.

Nous rentrons nous coucher dans nos chambres sans chauffage. La difficulté pour dormir ne consiste pas à lutter contre le froid, les couvertures nombreuses et chaudes s’en chargent. Non, la difficulté est de lutter contre l’étouffement que le poids des couchages exerce sur nous. Le chien de fusil s’impose de lui même. A deux, c’est aussi la meilleure option pour partager les calories.
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