mercredi 10 août 2016

Des lagunas de toutes les couleurs


Le jour se lève tôt et nous aussi. Un sommaire petit dej et nous partons toujours plus au sud. La nuit n’est pas finie pour tout le monde, mais notre chauffeur Rolando coiffé de son bonnet local nous évite toutes les embuches pour atteindre la première ‘Laguna’, un lac d’altitude peuplé de flamands roses, modèle hiver. Auparavant nous aurons salué quelques volcans plus ou moins éteints de plus de 6000m.

La première laguna atteinte est splendide, des couleurs intenses, des oiseaux que notre présence ne semble guère déranger, une eau limpide, et des sommants qui s’y reflètent avec majesté. On est clairement impressionné par le décor.



Des vigognes de passage nous laissent continuer notre route avec une pointe de curiosité vers la la Laguna Bianca, plus grande mais moins belle selon nous. Il faut dire que la faim fait déjà son travail et que nous décidons de pique niquer sur ce site, en compagnie de plusieurs groupes de 4x4. Le vent s’est levé et la température ambiante pour déjeuner n’est pas des plus hospitalières. Nous avisons une paillote en fer à béton pour nous y poser.



Nous reprenons la route en compagnie de paysages éblouissants pour faire le tour des ‘lagunes'. Cette fois la voiture donne dans le franchissement, nous ne nous y attendions pas, mais ça grimpe. Nous saluons un renard du désert avant d’atteindre un nouveau plateau.



De loin le désert ressemble à des champs de blé en beauce. Régularité graphique, traces des passages des voitures pareilles à celles des tracteurs, couleurs chaudes. La sensation physique est toute autre, de régularité au sol il ne reste que l’impression visuelle. Le 4x4 vibre tout ce qu’il peut sous ce champ de cailloux.

Un arrêt ou 2 nous permettent de mettre le nez dehors. Un vent puissant nous cueille hors de la voiture. Les grands espaces sont balayés par de grands vents… et de petites voitures.

Le vent justement est à l’origine de cette curiosité géologique des arbres de pierre qui veut que le sable balayé au ras du sol vienne user les rochers par le bas et les sculpte ainsi en cônes inversés ou en forme de girole. Qui sera là pour voir ce rocher tomber un jour ?


Nous arrivons enfin à la laguna colorada, lac d’altitude (4000+) dont les microalgues donnent une couleur rouge aux eaux. Du Borax blanc neige donne l’impression que le lac est aussi gelé, ce qui est le cas en bordure.

A quelques encablures de cette laguna, nous atteignons le village où nous allons dormir. Grosse journée de piste et un relais pour la nuit qui promet une expérience bien moins sympa que la précédente nuit.

Nous sommes dans une bâtisse comme on imagine les kolkhozes des années 50. Une dame épluche des légumes dans une cuisine en ciment où un trépied à gaz tient lieu de cuisinière. Personne ne ferme la porte qui pourtant laisse entrer un vent glacial. On nous attribue une chambre à 5 lits dont les carreaux cassés tiennent avec du scotch.

Je sors faire quelques photos avec le soleil du soir, mais je ne demande pas mon reste. Nous jouons aux cartes ou lisons un peu. Le thé d’arrivée est venu à nous bien moins rapidement que la veille et le diner quant à lui sera servi vers 19h00.






Le petit fourneau qui jouxte notre table sera allumé pour 1 heure ou 2, tout le monde vient s’y frotter.




Nous nous glisserons dans nos sacs de couchage sous 3 ou 4 couvertures et habillés aussi chaudement que pour la journée passée. Nous ne comptons pas les moutons pour nos endormir mais les épaisseurs de t-shirt, polaires, chaussettes, bonnets et gants qui nous empêchent un peu de bouger. Gare à la petite envie pipi du milieu de la nuit ! Vers 9h00, l’électricité qui alimentait notre unique ampoule est coupée, nous fonctionnons à la frontale quelques minutes encore et ne tardons pas à trouver le sommeil. Il fera 7° dans la chambre vers 4h00 du matin et -15° dehors.

Heureusement, il n’est pas prévu de grasse mat pour le lendemain. Nous avons pas mal de belles choses à voir qui nous sortiront du lit vers 6h00, alors que, finalement, nous n'aurons plus guère envie de rester au lit.

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