vendredi 19 août 2016

Lima-Paris en ligne droite

Dernier jour sur le sol sud américain. Nous allons profiter de ces dernières heures pour retourner dans le centre historique, visiter le quartier chinois dont le marché n'inspire guère Gaby. Nous pourrons aussi boire un dernier jus d'orange pressé dans la rue pour rentrer prendre une douche négociée en douceur avec l’hôtel qui accepte de nous laisser les clés jusqu’à 14h00. 

Il nous restera assez de temps pour retourner sur le front de mer et engloutir un dernier sandwich et des jus de fruits frais à La Lucha, bel endroit pour des ados affamés.








Le temps se lève aujourd’hui et nous aurons même droit à un ciel bleu de plusieurs heures, cela ne doit pas arriver si souvent, mais l’effet sur la ville est immédiat. Le fog qui pose habituellement son couvercle sur Lima disparait au profit d’un eau ciel bleu qui permet aux parapentes de faire leurs vols et leurs baptêmes du haut des falaises.



Le temps file et il est grandement l’heure de rejoindre l’hôtel où notre chauffeur pittoresque nous attend.

Nous passerons par tous les raccourcis de banlieue possibles pour atteindre l’aéroport en moins d’une heure.










Ici commencent les queues, attentes et vol de presque 12h00 avec KLM. Nous trainons les halls interminables et usons nos derniers Solès en cafés et pâtisseries entourés de centaines de touristes qui comme nous attendent que leur avions décolle.












Chez KLM, les hôtesses ressemblent au cliché des hollandaises, aussi grandes et blondes que les péruviens sont petits et bruns. En parlant de petit brun, j’ai un petit voisin avec lequel il faudra négocier l’accoudoir...

2 films et quelques collations plus loin, les 12 heures de vol sont négociées et nous sommes déjà le 19 août. Nous reprenons pieds à Schipol tout en mettant nos tablettes olympiques à jour au gré des télés des brasseries.



Encore attendre, encore embarquer, encore les consignes de sécurité, encore grignoter et enfin CDG en vue. Encore un peu de train et Léo qui s’y rendort, et nous sommes à la maison à presque 22h00. En gros il nous aura fallu 24h00 décalage inclus pour tracer une ligne quasi droite entre Lima et Paris. Un plat de pâtes aux légumes du jardin de Maslives déposés la nuit dernière par la cheminée de la maison nous mettra tous d'accord, tandis que les machines à laver et sécher tournent à plein régime, les vacances sont finies aussi pour elles.

Il va bien falloir se recaler, là encore les jeux olympiques nous aident à tenir tandis qu'Hugo prépare son départ pour demain 7h00. Les vacances ne sont pas finies pour tout le monde.  Dernier post demain.

mercredi 17 août 2016

Les falaises de Lima

Quitter Cusco pour 24h00 à Lima faisait partie du plan pour être sûr d’avoir assez de temps pour notre correspondance de retour en cas de problème. 

Nous voici donc à l’aéroport urbain de Cusco coincé entre les maisons et entre les touristes qui font comme nous ou qui vont ailleurs.












Le hall d’embarquement bruit de mille conversations essentiellement touristiques. Des bribes de français (beaucoup) et d’anglais bien entendu remplissent le hall tandis que nous lisons, jouons aux cartes ou aux échecs ou encore écrivons ces lignes.













Il nous reste à décoller et ce matin ça n’a pas l’air simple. Le petit avions que nous remplissons prend longuement le chaud sur la piste avant de mettre en marche. Nous cuisons gentiment dans la carlingue en attendant le décollage. J'ai trouvé le temps long au décollage... il faut dire qu'au bout de la piste il y a la ville et que l'avion a mis du temps à rouler avant de se cambrer au dessus des maisons et des montagnes.

Ca sent la fin des vacances bien entendu, mais il nous reste 24h à Lima que nous allons essayer de mettre à profit en visitant les falaises de Miraflores, un des quartiers sympas de Lima qui donne sur le Pacifique.

L’arrivée à l’hôtel se déroule sous la houlette du même chauffeur que celui que nous avions eu à l’arrivée au Pérou voici plus de 3 semaines. Super loquace cette fois, il nous donne mille conseils, commente un peu tout de telle sorte que personne ne le comprend vraiment bien. Mais son éloquence est un spectacle. Apprenant que nous n’avons pas encore déjeuné, il nous conseille un endroit à sandwiches (qui s’avérera extrêmement correct) à grand renfort d’onomatopées gourmandes et en nous expliquant que les sdwchs sont plus grands là bas que ce que notre bouche pourra jamais contenir.

Paradoxe des villes que nous ne connaissons pas, cette excellente adresse est à 2 pas de l’horrible endroit où en arrivant nous avions « diné ». La courbe d’expérience grimpe assez vite où qu’on aille.

Promenade dans Miraflores, le quartier chic de Lima sur les bords du Pacifique, en haut des falaises qui surplombent les plages à surfers.


















Nous rentrons ensuite à l’hôtel pour nous préparer à notre dernier souper comme disent les canadiens. 

Nous avons choisi d’aller un peu plus loin dans un restau triplement recommandé : par le Lonely Planet, par le Routard et surtout par Louise. 3 excellents conseils pour une adresse super sympa de Ceviche terriblement bons. Les ceviche sont une spécialité péruvienne de poisson cru marinés dans un jus citron/oignon. Nous nous régalons avec Léo et Christine tandis que les grands se contentent de raviolis maison, tout à fait honorables. 


Le restau est une sorte de garage reconverti au plafond duquel pendent maillots, écharpes et drapeaux d’équipes de foot d’un peu partout. On a une impression de guinguette ou de banquet du 14 juillet. Une belle adresse loin des maison bien habillées, où l’accueil comme le service étaient sincère et de qualité.

Pour faire durer le plaisir, nous faisons le chemin retour à pieds (l’aller était en taxi). Promenade digestive nocturne d’une grosse demi-heure à l’air doux de Lima en hiver.

4 semaines de 0 à 5000m, de la mer à la montagne, de la modernité à des conditions de vie beaucoup plus simples. Des bons restaus aux mauvais sandwiches, des chambres douces aux dortoirs où il gèle, du sel d’Uyuni à Sucre, des hôtels indifférents aux rencontres rares : nos amis paysans du Colca avec lesquels les garçons avaient joué au foot ont apparemment été touchés par un séisme de 5.2 et nous n’avons pas de nouvelles. Hugo devrait en prendre demain sur Facebook.

Demain nous partons à l’aéroport en milieu d’après-midi pour passer une bonne nuit dans l’avion entre Lima et Amsterdam… Ce ne sera sans doute pas le meilleur souvenir de vacances mais on ne sait jamais et après tout, il ne fait pas 7° dans les avions et rentrer à la maison est une sensation très agréable aussi.

Nous redoutons la routine de la reprise et du travail qui va avec. L’idée de rentrer nous plait toutefois bien entendu et nous faisons la liste des projets à poursuivre et des invitations à honorer ou à lancer. Nous ne devrions pas avoir le temps de nous ennuyer, un peu comme pendant les vacances...

mardi 16 août 2016

Une affaire de goût

Une journée à Cusco, pas d’autre réveil que celui de l’heure limite du petit dej à l’hôtel, pas bon de toute façon. Nos tickets de visite nous laissent entrevoir un programme équilibré entre marché aux affaires et visites d’édifices religieux (cathédrale notamment). 










Pour nous remettre au goût européen, nous passons au seul starbucks du parcours pour déguster un vrai café. L’endroit est assez raccord si l’on reste dans une ambiance coloniale, façon club anglais qui surplombe la place principale.

Nous prenons notre temps avant d’écumer le marché San Pedro où nous trouvons quelques petites choses qui manquaient encore tout en dégustant les jus de fruits frais que nous avions déjà testés voici 2 jours.

Direction une place à manger inspirée par un australien que nous dénonce le guide et nous sommes face aux jeux olympiques tout en dégustant des sandwiches assez délicieux pour qu’ils soient mentionnés ici.

Le ciel s’est couvert entre temps et la fraicheur se fait sentir. Nous rentrons fissa dans cette cathédrale étonnante du XVIII où le syncrétisme religieux avance en petites touches discrètes : un Christ en pagne (un homme courageux revêt le pagne chez les andins), un cochon d’inde (cuy)rôti sur la table de la cène etc.

Le mélange des croyances et traditions opéré à partir des conquistadores, ou la résistance des traditions antérieures (c’est selon) a franchi les siècles jusqu’à aujourd’hui. Jean-Paul II avait lui même revêtu un poncho lors de sa visite à Cusco, signe d’une ouverture à un catholicisme hybridé. La photo ici montre un faîte de toit comme on en trouve à peu près partout orné de 2 boeufs, symboles de prospérité agricole conjugués à la croix. Apparemment la protection max, pour ne pas dire l'assurance baraka.

Nous repassons à l’hôtel pour une sieste (en ce qui me concerne) et pour un habillage plus chaud pour les autres. Léo trouve un jeu d’échecs local très mignon (espingos contre indiens, les chevaux remplacés par des lamas…).

Pour apaiser le bourdon de fin de vacances, nous décidons d’aller prendre l’apéro au Marriott en centre ville. L’adresse est plaisante comme le sont souvent les grands hôtels. On boit un coup au calme face à l'actualité olympique que distille une télé de bonne taille et de bonne qualité, ça nous change.








Nous avons réservé chez un chef local dont le restau est lui aussi mentionné dans notre guide. Bel espace décoré de manière baroque légère et agréable et carte attractive où chacun puise en fonction de sa faim. Léo opte pour un pavé d’alpagas, qui arrive cuit comme il faut et sur une pierre brûlante. Jolie présentation et goût relevé pour cette viande dont on nous dit qu’elle est exempte de cholestérol ! Les entrées que Christine et moi avons prises en guise de plat principal sont à l’envi. Une tarte au citron pour finir (pour Léo), on se demande où il peut se caler tout cela...

Décidément le Pérou est une super adresse pour manger bien, qu’il s’agisse de sandwiches, de pizzas ou de restaus plus haut de gamme (et nous n’avons pas testé les grandes maisons référencées dans les guides internationaux), le pays joue de ses ressources et de sa culture du mélange pour nous faire vivre une expérience surprenante et bien entendu très agréable.

Nous terminons la soirée assez tôt pour faire un point sur les médailles olympiques devant la télé de l’hôtel tout en ménageant une belle et grande nuit.

lundi 15 août 2016

Le jour d'après

Bon après avoir vécu le désert bolivien et escaladé le Machu Pichu, what else ?

C'est précisément le point au Pérou, la richesse du pays fait qu'il en a sous la pédale en permanence. Nous quittons Ollantaytambo pour revenir à Cusco, mais par une autre route qu’à l’aller. Que pourrait-il se passer qui nous intéresse ? Les salines de Manas !

Une source d’eau chaude souterraine qui rince une couche tout aussi souterraine de sel et qui sort à 30 ou 40° avec 35% de sel (plus que l’océan). Le filet d’eau chaude est exploité depuis plus de mille ans.




Au fond d’une vallée, les propriétaires captent le ruisseau et se le partagent pour remplir chacun sa parcelle et produire ainsi un sel de belle qualité qui ne fait plus vivre personne aujourd’hui.

Heureusement, le tourisme nourrit la saline et la tradition fait le reste où chaque propriétaire a à coeur de maintenir sa parcelle (fond en argile, surveillance des fuite, réparation du fond une fois l’an pour qu’il reste propre et étanche).

Le résultat est une parcellisation blanche et graphique de la montagne, un rayonnement infernal au soleil et une visite captivante avec Fabricio. Et ce n’est pas fini pour la journée, il reste encore de belles curiosités avant de rentrer à Cusco.


C’est le cas des terrasses circulaires de Moray. Ici les Incas étaient ingénieurs agronomes, testaient  les bonnes altitudes pour les bons plans et produisaient des semences qu’ils envoyaient ensuite dans les territoires. Tout ceci est rendu possible grâce à la doline (dépression calcaire où l’eau s’enfonce directement dans la nappe phréatique / pas d’inondation au fond du trou donc, le bouchon n’a pas été mis).

Nous traversons ensuite une région agricole très fertile, dominée par le mont Véronica, à presque 6000m. Toutes les cultures traditionnelles du Perou (pomme de terre, mais, oignons…) sont là et découpent le paysages en carrés de couleurs chaleureuses.

De plus en plus près de Cusco, le très beau village de Chinchero abrite des vestiges inca bien visibles et un village très joli. La meteo particulièrement ensoleillée met le village en valeur. Il parait que c’est par ici qu’on va construire le futur aéroport de Cusco pour cesser d’aterrir en peine ville.

Un couple d’agriculteurs semble n’en avoir cure pour trier et faire sécher ses pommes de terre au soleil.

Nous rentrons à Cusco assez tôt pour nous promener en ville et terminer à la Bodega 138, élue par nous meilleure pizzeria du monde.

dimanche 14 août 2016

Vieille montagne en Quechua

Machu Pichu (vieille montagne en Quechua). Cela pourrait être le clou du voyage, mais la Bolivie est passée par là. Nous ne sommes pas contraints de choisir entre les beautés naturelles de la Bolivie d’altitude et les merveilles du génie inca à Machu PIchu, heureusement. Car la cité inca est ici un gros business, assez dense.

Lever super tôt, nous trouvons un tuk tuk qui nous garantit l’arrivée à la gare avant 6h00 du mat. 5 dans la caisse et quelques minutes plus tard nous sommes dans le train qui monte au village d’Aguas Calientes en 1h30, de quoi redormir sans doute, même si le service embarqué, façon avion, nous propose une boisson chaude et un cookie et même si la vue depuis le wagon est sympa.

Une fois à Aguas Calientes (photo du village vu d'en haut avec la bromeliacée), une file immense fait la queue pour le bus (alternative monter à pieds, mais gros dénivelé et compter plus d’une heure). 24 bus tournent en rond pour faire fondre cette queue. Quelques minutes après avoir chargé ses 40 passagers le bus quitte le bitume et grimpe à flanc de montagne un chemin parfois pavé, souvent pas. Les mécaniques sont mises à rude épreuve le long des précipices, mais nous arrivons au sommet sains et saufs, comme beaucoup d’autres.

Notre guide nous y retrouve et nous permet de passer un peu plus vite. Il y a foule. Ce sentiment s’estompera un peu sur le site bien vaste, mais quand même.


Nous faisons la visite avec un autre petit groupe de 5 et un guide qui nous laissera libres de déambuler ensuite. Sans doute la bonne formule. Comprendre d’abord, profiter ensuite. Le soleil tape sévèrement et rend le site absolument magnifique. Quelques lamas-tondeuses de terrasses se mêlent de l’affaire pour relever les photos d’un détail vivant.



Le génie des Incas est ici intact, les espingos n’ont pas trouvé le site à l’époque des conquistadores et pour cause, les incas l’ont abandonné pour qu’il ne soit pas découvert (mais recouvert de jungle). Nous sommes ici au tout début de la zone amazonienne et l’influence du climat sur la végétation est claire, malgré les nuits froides.













Le site est formidablement bien pensé et bien construit, l’environnement enchanteur et la foule plutôt bien disciplinée. Sans doute sommes-nous tous assez impressionnés par l’endroit pour faire l’effort nécessaire.

Aucun toilette et aucune restauration à l’intérieur du site (un des secrets de sa préservation sans doute). Les grignotages tirés du sac sont apparemment tolérés. Nous trouvons tout en haut du site quelques arbres pour nous abriter du soleil et dévorer quelques chips, bananes, barres de céréales, de quoi tenir.

Sur les conseils du guide, nous ne tardons pas trop pour redescendre et faire le trajet à l’envers, bus, train… avec bonnes doses d’attente. Nous avons monté et descendu des centaines de marches d’escalier, et la douche de l’hôtel nous réparera bien. Nous rentrerons à pieds de la gare, les tuk tuk étant englués dans le cul de sac de la rue animée où nous nous trouvons.


Pour fêter cette belle journée, un tuk tuk à 5 nous permet de terminer au restau de la gare d’Ollantaytambo. 

Pas facile de s'extraire du bolide mais on y arrive quand même bien entendu.




Belle cuisine fusion italo-périvienne, cadre post colonial et service sympa. Un cadre assez romantique/voyage (baies vitrées en bois, grands planchers teints et accès direct au quai de la gare. 




Point de tuk tuk au retour non plus. Dernière marche vers l’hôtel, pour nous écrouler au lit.