mardi 9 août 2016

Le sel de la vie à Uyuni


Le jour se lève tôt à Uyuni et le réveil que nous avions demandé à l’hôtel ne sonnera que plus de 30 minutes après l’heure dite. Ca tombe bien, le 4x4 qui nous emmène dans le désert est en retard aussi…

Nous embarquons à 5 dans un gros 4x4 Lexus d’âge bien mûr et nous faisons un stop à l’agence de Flavia qui nous ré-explique le tour que nous allons faire dans un français impeccable. Salard de Uyuni voisin pour commencer puis plein sud direction le Chili pour traverser des déserts et visiter des lagunes d’altitude. Nous passerons les 5000m lors du retour et serons volontiers au dessus de 4500. Nous devrions passer la première nuit dans un refuge en sel et la seconde dans des conditions bien plus sommaires. Il gèle à -15° à cette altitude.

Uyuni est sans aucun doute une ville du far west. A l’extérieur de la ville un cimetière de locomotives à vapeur témoigne de la conquête du sud bolivien, riche en minerais, autrefois et toujours aujourd'hui l’argent, l’étain, le borax et nouvel eldorado, le lithium (déjà dit hier). Nous jouons quelques instants avec les épaves de loco, mais nous  savons bien que notre objectif du jour, c’est le plus grand salaud du monde à quelques kilomètres de là. Il faudra quand même s’arrêter au village voisin et gouter à l’artisanat local avant enfin d’arriver sur le plus grand lac salé desséché du monde (10.000 km2).

Dès les premiers kilomètres nous sommes saisis par le caractère unique de l’endroit. Du blanc, brillant à perte de vue, plat comme un miroir, quelque chose d’irréel. Le sel en séchant forme des motifs hexagonaux qui dessinent le sol en grandes dalles presque régulières. Le soleil tape fort et la réverbération est puissante, ce qui n’empêche pas le vent froid d’exiger de nous une bonne couverture.


On joue avec les perspectives, absentes ici tant on n’a pas de point de repère.



Notre chauffeur guide nous conduit au centre du salard où un espace d’accueil a été organisé. Il nous prépare un pique nique que nous prenons sur des tables et bancs en sel, dans une bâtisse toute entière construite en pierres de sel. Ambiance restau d’altitude, avec des côtelettes de lama et du quinoa chauds tous droits sortis de conteneurs isothermes de Rolando. 
Une esplanade des drapeaux juste à côté nous inspire des photos, on cherche le drapeau de la France, de l’Australie, du Pérou…

Le route est encore longue et nous repartons, mais rapidement une roue arrière est à plat. 15’ pour changer la roue et repartir, le sol est assez abrasif.

Nous nous dirigeons vers le centre du salard où une ile demeure. Cette ile est peuplée de cactus géants et parait-il millénaires. Le tour de l’ile prend une petite heure que nous utilisons à gambader à 4000m en reprenant notre souffle assez souvent. Paysages de science fiction, lumière de cinéma, tout le monde converge vers l’ile aux cactus avant de reprendre son chemin, généralement vers le sud et les hautes montagnes volcaniques. 













Nous arrivons en fin d’après-midi à l’auberge. Le thé et les petits gâteaux d'accueil nous rassérènent tandis que les kids ressortent les cartes. 

On nous avait promis un confort sommaire, mais on trouvera dans cet hôtel tout en sel (briques de sel bien visibles sur les photos) une douche tiède et un accueil très chaleureux. Nous échangeons avec quelques familles en vadrouille avant de nous jeter sur le menu du soir. Ici qui dort dine. Il n’est pas 10h00 que nous sommes au lit, sous quelque épaisseurs de couvertures. Il gèle bien fort ici. Pas de chauffage dans les chambres et ce ne sont pas les portes en bois de cactus qui sont trop isolantes. Un endroit inattendu, chaleureux malgré le froid de canard où nous aurons passé une très bonne soirée et une bonne nuit.

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