
Aventure. Ajourd’hui nous allons gouter aux hautes altitudes pour rejoindre la famille qui nous hébergera 2 nuits. Sorte d’agritoursimo péruvien, nous allons être reçus par la famille de Sebastian qui a aménagé 4 chambres dans des cases d’altitude et qui avec qui nous dinerons. Pour accéder à cette promesse, il faudra rouler dans l’altiplano et notamment passer un col à 4900m. Juan est notre guide, il vient avec son chauffeur dans un mini van mercedes bien propre qui ramasse une dizaine de personnes, tous francophones (agence oblige).

La montée est progressive et ne ressemble pas du tout à nos routes de montagne. Des virages certes, mais pas de lacets. Il n’empêche que ça monte sans cesse. La faune s’adapte et on commence à voir des troupeaux d’alpagas sauvages.
A un carrefour visiblement stratégique, c’est le seul qu’on ait vu dans l'heure, une halte s’impose. Nous sommes attendus par les vendeuses de pulls et d’écharpes (et hop Gaby), nous prenons un thé aux feuilles de coca et quelques photos dans une lumière et un ciel bleu absolument dingues et toujours sous le regards des grands volcans environnants


Re-mini bus, et nous croisons des bergers qui mènent des troupeaux hétéroclites à plus de 4000m d’altitude.
L’altiplano est vaste et dégagé, une végétation de couleur jaune-vert y pousse dans une sorte de toundra où se retrouve une faune dense de lamas, d’alpagas, d’oiseaux divers dans un panorama à couper le souffle.

Nous passons enfin le col à 4900 tandis que Léo ressent les effets de l’altitude un peu avant nous. Partout où nous nous arrêtons, quelle que soit l'altitude, des marchandes de produits locaux nous attendent sous un soleil puissant et par quelques degrés au dessus de zéro seulement.

La descente vers le canyon du Colca est paisible, mais les voyageurs commencent à ressentir fatigue, maux de tête, nausées à des degrés divers mais toujours supportables. Une halte encore pour admirer d’en haut le village où nous allons passer 2 jours et caresser un lama ou un alpaga apprivoisé et nous voici chez Sebastian, solide gaillard qui avec sa femmes et ses 4 enfants de 3 à 25 ans tient son gite à la ferme. Nous sommes accompagnés d’une québécoise Julie et de sa fille de 14 ans Maxime.

Un déjeuner ou un diner à la table des péruviens de l’altiplano c’est féculant ou ça n’est pas. De délicieuses odeurs émanent de la ‘cuisine’ issue des oignons qui frémissent dans une gamelle hors d’âge sous un feu qui transperce ce qu’on appellera un plan de travail en pierre locale. Le sol, en pierre volcanique poussiéreuse, l’eau (très) froide sur l’évier, une porte en tôle ondulée et une ampoule qui pendouille à la sommaire charpente pour compenser l’absence totale de fenêtre complète le décor de notre déjeuner. Un frigo nous rappelle que nous ne sommes pas avant la guerre en France et les portables de nos hôtes confirment cette impression. Les conditions de vie sont très dures à défaut d’être extrêmes. Il gèle presque la nuit, il fait une solide température en journée et le chauffage n’existe pas bien entendu.

On mange assis sur des bancs en pierre et en bois recouverts de peaux de mouton pour ne pas avoir froid au derrière. Une assiette de riz, de pommes de terre et de légumes agrémentée d’un micro morceau de viande suivra une délicieuse soupe de blé ou de quinoa. Pas besoin de pain dans ces conditions, ni de dessert. Nous avions faim et nous avons super bien mangé dans une ambiance de découverte que nos traducteurs patentés, Gaby et Hugo entretiennent savamment. Sayuni, la dernière fille de Sebastian et sa cousine, ont toutes les deux 3 ans et font craquer tout le monde.

Petite sieste pour ceux qui veulent, jeu de cartes ou fabrication du fromage pour Léonard et départ pour visiter le village à pieds. Je reste allongé terrassé par le mal des montagnes. Les 3800 mètres d’altitude m’ont enlevé toutes envie de bouger et j’ai sommeil. Les autres tiennent super bien le coup toutefois. J’irai un peu plus tard assister au match de foot des ainés (Sebastian et Hugo) contre les juniors (Sebastian junior et Léonard) dans le stade municipal, plus beau décor de foot jamais vu par Hugo. Gaby fait de la balançoire avec les petites filles qui pétillent de joie. Au retour certains prendront une douche avec le courage qu’il leur reste. Les autres donneront un coup de main en cuisine ou joueront encore et toujours aux cartes en attendant e diner (le souper comme disent nos copines canadiennes).

Le diner sera du même tonneau mais à peine varié. Une délicieuse soupe toujours et un plat à base de riz très généreusement servi. Je ne demanderai pas mon reste pour aller me coucher, toujours handicapé par des maux de tête et une belle fatigue. Nous regagnons nos pénates. Le sommier est en pierre volcanique sur lequel un matelas a été posé. Des draps en laine tissée recouverts de 4 couverture manquent de nous étouffer de leur poids pour mieux nous tenir chaud. Il doit faire moins de 10 degrés dans la casemate… Tout le monde joue sur le nombre d’épaisseurs, les enfants puisent dans le stock de chaussettes. Il n’est pas 8h00 que les feux sont déjà éteints. A ce tarif la nuit étoilée vous attend forcément pour une petite pause que les effets diurétiques des comprimés contre le mal des montagne vous imposent. Je me réveille à 1 heure du matin, rasséréné, je sens que le truc est passé, mais il faut quand même m’extraire du lit pour aller compter les étoiles le temps de se soulager. Un petit tapis en peau de mouton permet aux pieds de ne pas geler avec le sol. Ici on fait des nuits doubles, même si on se lève tôt. En régime larigot, je fais le calcul que je ne me serais pas recouché après mes 5h30 de sommeil. et il m’en reste autant… yes !
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